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Six ans après la mort de Pierre Mamboundou. Ses héritiers de l’UPG continuent de se déchirer

Soumis par fouodjivincent le sam, 23/12/2017 - 11:30

La commémoration des six ans de la mort de Pierre Mamboundou, le 15 octobre dernier, ne s’est pas passée dans le respect dû au deuil. Au contraire, elle n’a fait qu’accroître les divisions entre ses héritiers au sein de L’Union du Peuple gabonais, UPG, parti en sursis depuis la mort de l’opposant le 15 octobre 2011. D’un côté, Bruno Ben Moubamba, président de l’Alliance pour le changement et le renouveau (ACR) a organisé le retrait de deuil des veuves politiques, de l’autre, Mathieu Mboumba Nziengui a préféré une commémoration plus sobre dans la ville de Ndendé, fief du parti. 

La bataille que se livrent les héritiers de Pierre Mamboundou pour le contrôle de l’UPG ne connaîtra manifestement pas de trêve. Pas même lors de la célébration de la sixième année de la disparition de celui qui aura été l’un des opposants fidèles à son combat contre le régime Bongo. 

Balkanisation du parti

Ecartelée entre plusieurs chapelles, l’Union du peuple gabonais, arrivée deuxième aux élections présidentielles de 1998 et 2005, peine désormais à s’affirmer comme un parti de l’opposition. Puisque Dieudonné Moukagni Iwangou (pro Ping) et Mathieu Nziengui Mboumba (proche du pouvoir) continuent à se faire la guerre en se revendiquant, chacun du parti.

 A ce duo conflictuel, il faut ajouter l’ancien ministre de l’Habitat, Bruno Ben Moubamba. Bien que désormais président de son propre parti, Alliance pour le changement et le renouveau (ACR), il continue de réclamer sa part de l’héritage laissé par Mamboundou. La balkanisation de l’ACR n’aura pas tardé puisque peu après le décès de  Pierre Mamboudou, son second, Mathieu Mboumba Nziengui, a saisi les rênes du parti, brandissant l’argument selon lequel il était l’un des co-fondateurs de cette formation politique, associée à la fibre parentale qu’il n’hésite pas à mettre en avant. 

C’était suffisant pour provoquer l’ire de l’ancien conseiller juridique du défunt président de l’UPG, Jean-de-Dieu Mouckagni Iwangou. Conséquence : le parti sera scindé en deux. Jean-de-Dieu Mouckagni Iwangou (pro Ping) qui dénonçait la méthode « cavalière » de succession utilisée par Mathieu Mboumba Nziengui. Ce qui a donné lieu à la création de son aile, UPG-Loyaliste. S’en suivra une procédure judiciaire qui déboutera Mouckagni Iwangou.       

Mathieu Mboumba, le mal du parti ?

Porté à la tête de l’UPG sur le fil du rasoir, au sortir du premier congrès ordinaire depuis la disparition de son fondateur, qui s’est tenu les 25 et 26 juin 2016, Mathieu Mboumba Nziengui a eu maille à partir avec plusieurs hiérarques de l’UPG. 

On en veut pour preuve, les joutes verbales et surtout la bagarre spectaculaire entre les partisans de Mboumba Nziengui et ceux de Ben Moubamba, lors de la campagne présidentielle de 2016 à Ndendé.  En atteste le niveau de violences verbales et physiques atteint ce jour. Mathieu Mboumba Nziengui dont l’intention était d’organiser un congrès extraordinaire pour officialiser le soutien du parti à Ali Bongo Ondimba, alors candidat au dernier scrutin présidentiel, a été empêché par Bruno Ben Moubamba qui l’accusait «d’avoir  vendu le parti à Ali Bongo pour des prébendes».

Tous ces déchirements ont fini par entamer le respect et la crédibilité qu’inspirait le parti de Pierre Mamboundou, considéré comme l’opposant le plus sincère pour n’avoir jamais pris part à la soupe gouvernementale. La vague rouge qui mobilisait à l’UPG n’existe quasiment plus aujourd’hui. Six ans après la mort de son fondateur, l’Union du peuple gabonais reste l’ombre d’elle-même. 

Yannick Franz IGOHO

 

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